L’arthrose du genou : l’expertise du Dr Michel Assor
L’arthrose du genou est une affection articulaire dégénérative fréquente qui affecte des millions de personnes à travers le monde. Cette pathologie se caractérise par une dégradation progressive du cartilage articulaire, entraînant douleur, raideur et réduction de la mobilité. Avec l’augmentation de la longévité, des activités sportives et l’incidence croissante de cette maladie, il est impératif de développer des traitements efficaces pour améliorer la qualité de vie des patients. Cet article examine en profondeur les contributions du Dr Michel Assor, pionnier dans le domaine de la recherche sur l’arthrose du genou, en mettant en lumière ses innovations en matière de traitement et ses recherches.
Docteur Michel Assor : de la chirurgie à la recherche
Le Dr Michel Assor est reconnu pour ses avancées significatives dans le traitement de l’arthrose du genou. Chirurgien orthopédique basé à Marseille, il a consacré une grande partie de sa carrière à l’amélioration des approches thérapeutiques pour cette pathologie complexe. Après avoir complété sa formation en chirurgie orthopédique, il s’est orienté vers la recherche et l’innovation, cherchant des solutions novatrices pour la régénération du cartilage du genou.
Anatomie et fonction de l’articulation du Genou
Le genou est une articulation complexe qui joue un rôle crucial dans le mouvement et la stabilité du membre inférieur. Il est constitué de trois principales structures articulaires : l’articulation fémoro–tibiale, l’articulation fémoro–patellaire, et les ménisques, qui sont des structures de cartilage semi circulaires situées, en joints amortisseurs des contraintes, entre le fémur et le tibia. Ces structures travaillent ensemble pour permettre la flexion et l’extension de la jambe tout en supportant le poids du corps. Toute altération dans cette configuration peut mener à des douleurs et des troubles fonctionnels, comme c’est le cas avec l’arthrose.
Pathophysiologie de l’arthrose du genou
L’arthrose mécanique et non inflammatoire des maladies rhumatismales comme la polyarthrite rhumatoïde, qui est un autre domaine est une maladie dégénérative du cartilage articulaire, contrairement aux idées reçues, peu en rapport avec l’âge, mais avec des hypercontraintes induites par les malformations (facteurs génétiques) du genou comme une désaxation en varus–valgus, et une malposition de la rotule avec ou sans dysplasie de la trochlée; et aux traumatismes répétitifs, avec lésions méniscales, instabilités par rupture ligamentaire (ligament croisé). Toutes lésions pouvant s’associer et se potentialiser. Elle peut aussi se déclencher après un geste chirurgical de traitement d’une rupture du ménisque, par une méniscectomie trop extensive, qu’il faut éviter : il faut conserver le ménisque et le réparer (sutures).
Elle se caractérise par une dégradation progressive du cartilage, entraînant une perte de sa capacité à amortir les chocs et à faciliter le mouvement fluide de l’articulation. Cette dégradation conduit à une inflammation des tissus environnants, à une douleur chronique, et à une diminution progressive de la mobilité articulaire.
Méthodes diagnostiques
Le diagnostic de l’arthrose du genou repose sur une combinaison de l’évaluation clinique et des techniques d’imagerie. Les symptômes courants incluent la douleur, la raideur matinale, et une mobilité et périmètre de marche réduits. Les radiographies et les IRM sont utilisées pour visualiser les sièges de l’arthrose, sa taille; et les modifications et la perte du cartilage : mesurées par des scores.
- Grade 1 : lésions superficielles ;
- Grade 2 : perte de moins de la moitié de l’épaisseur de cartilage ;
- Grade 3 : perte de plus de la moitié de l’épaisseur de cartilage;
- Grade 4 : perte totale avec os cortical sous chondral à nu.
On évalue aussi le capital méniscal, structure fondamentale de protection, et le pourcentage de perte et la présence de lésions de rupture à réparer. On considère qu’une perte de plus de 40% en milieu arthrosique, et de douleurs chronique, pourrait nécessiter une greffe ou implant méniscal, chez un patient à bonne perfomace physique. On évalue enfin les ligaments croisés, les ostéophytes, les zones d’oedème spongieux signant une hyperpression articulaire. Les mesures fonctionnelles, telles que les tests de marche et de liberté articulaire, présence d’un flessum, d’une flexion limitée, permettent également d’évaluer l’impact fonctionnel de la maladie.
Les traitements de l’arthrose : une approche multidimensionnelle
Les traitements traditionnels de l’arthrose visent à soulager les symptômes et à ralentir la progression de la maladie. Les mesures hygiéno–diététiques, telles que la gestion du poids et l’exercice physique régulier, sont cruciales. Les médicaments, y compris les antalgiques et les anti–inflammatoires non stéroïdiens (AINS), sont souvent utilisés pour contrôler la douleur et l’inflammation. Des injections intra articulaires d’acide hyaluronique peuvent temporairement soulager les douleurs surtout dans les grades 1 et 2. Les injections répétées de cortisone sont à éviter, car risque d’aggravation de la perte de cartilage. En cas de traitements médicaux insuffisants, des interventions chirurgicales comme les traitements conservateurs : l’arthroscopie, l’ostéotomie de réaxation du genou, reconstruction ligamentaire par autogreffe; et les prothèses du genou peuvent être envisagées pour améliorer la fonction articulaire.
Innovations en biotechnologie pour l’arthrose
Les progrès récents en biotechnologie ont permis de développer des traitements innovants pour l’arthrose du genou. Les thérapies cellulaires, y compris l’utilisation de cellules souches mésenchymateuses CSM de moelle osseuse aspirée et concentrée; ou les thérapies de concentrés plaquettaires (PRP et PRF, plasma riche plaquettes et fibrines), représentent une avancée significative. Ces CSM, et PRP-PRF sont prélevés en un seul temps au bloc opératoire, pendant le geste opératoire de préparation articulaire par microforages de l’arthrose sous arthroscopie, sans culture pour les CSM, et injectés en fin d’intervention avec un matériau transporteur résorbable, ou en intra osseux épiphysaire (zone arthrosique) ou en intra synoviale. Les CSM migrent vers la zone arthrosique, peuvent se transformer en cellules cartilagineuses et osseuses (chondrocytes et ostéocytes), et stimulent aussi les CSM in situ du patient, favorisant ainsi la régénération du cartilage fibrohyalin plus ou moins épais, à partir des microforages, recouvrant plus ou moins totalement les défects, et améliorant la fonction articulaire. Cette technique est réservée à l’arthrose terminale grade 4 de grande taille plus de 5 cm2. Pour les injections de PRP PRF, la procédure est similaire dans l’arthrose grade 3 et 4 mais de taille de moins de 5 cm2. Les critères d’inclusion sont une bonne performance physique, pas de surpoids, ni pathologie médicale. De plus le genou doit être axé ou réaxé après ostéotomie; stable ou ligament reconstruit, capital méniscla viable ou greffe de ménisque.
L’essai clinique dirigé par le Dr Assor
De 2010 à 2014, le Docteur Michel Assor a dirigé un essai clinique autorisé pour évaluer l’efficacité des cellules souches mésenchymateuses dans le traitement de l’arthrose du genou. L’étude a impliqué des patients atteints d’arthrose de grade 3 ou 4, et a démontré une amélioration significative des symptômes, avec une réduction de la douleur et une amélioration de la mobilité. Cette recherche a ouvert la voie à de nouvelles approches pour la régénération du cartilage.
Procédure de transplantation de cellules souches
Utilisation du Plasma Riche en Plaquettes et en Fibrines : PRP – PRF
Le Plasma Riche en Plaquettes (PRP), obtenu par centrifugation du sang du patient, contient des protéines facteurs de croissance, qui stimulent la vascularisation, et la croissance des chondrocytes vecteurs du cartilage. Le PRF obtenu par basse centrifugation, contient en plus des BMP bone morphometric protein, qui stimulent les cellules souches in situ quiescentes. Le PRP PRf peux accélérer la cicatrisation des lésions du cartilage et des ménisques. Les études montrent que le PRP, lorsqu’il est utilisé seul ou en combinaison avec des cellules souches, peut améliorer les résultats cliniques pour les patients souffrant d’arthrose. Le PRP PRF seul est réservé aux arthroses modérées, grade 1 et 2 en injection pure; et au grade 3 et 3-4 de faible taille, moins de 5cm2, aprè préparation par microforages sous arthroscopie, et traitement des troubles mécaniques.
L’arthrose du genou représente un défi de santé publique majeur, affectant la qualité de vie de nombreux individus. Le Dr Michel Assor, par ses recherches, a contribué de manière significative à la lutte contre cette pathologie. Ses travaux sur les thérapies cellulaires et l’utilisation du cellules souches mésenchymateuses et de PRP-PRF ouvrent de nouvelles avenues pour la régénération du cartilage et l’amélioration de la fonction articulaire. Les résultats des essais cliniques sont prometteurs, et la technique est depuis poursuivie, avec des milliers de patients actuels dépassant les 10 ans de recul; avec une communication scientifique en cours.
Le triptique du traitement de l’arthrose grave du genou est résumé en trois mots :
- 1. Décompression (genou axé et stable, libération ligament latéral, éventuelle greffe de ménisque,
libération rotule) - 2. Microforages de l’arthrose sous arthroscopie (lieux de repousse de caritlage)
- 3. et thérapie cellulaire: PRP- PRF et CSM cellules souches mésenchymateuses
L’évolution continue des traitements offre un espoir considérable pour les patients atteints d’arthrose du genou, leur permettant de retrouver une meilleure qualité de vie et de repousser le recours aux interventions plus invasives.