5 idées reçues sur l’arthrose : le point de vue du Dr Michel Assor

L’arthrose est une maladie rhumatismale qui peut affecter n’importe quelle articulation : arthrose du poignet, des doigts, genoux, épaules, hanches… Bien qu’elle soit souvent mal comprise, de nombreux clichés circulent à son sujet. Le Dr Michel Assor, chirurgien orthopédiste et traumatologue à Marseille, démystifie ces idées reçues et apporte un éclairage précieux sur cette pathologie complexe.

L’arthrose se caractérise par la dégradation progressive du cartilage articulaire, une réduction ou pincement de l’espace articulaire jusqu’au contact os-os, la dégradation du ménisque au genou (ou équivalent à la hanche et épaule), et la formation d’excroissances osseuses réactionnelles ou ostéophytes (« becs de perroquet »). Cette dégénérescence entraîne douleur et perte de mobilité. Les causes sont multiples : surcharge pondérale, vieillissement, facteurs génétiques avec les troubles mécaniques : désaxation, défaut anatomique; ainsi que des séquelles de traumatismes, notamment sportifs. Bien qu’il n’existe pas encore de remède définitif contre l’arthrose, les avancées de la recherche offrent de nouvelles perspectives pour ralentir sa progression et régénérer le cartilage. Le Dr Michel Assor, à la tête de l’institut du genou Arthrosport à Marseille, nous aide à faire la lumière sur les principales idées reçues concernant l’arthrose.

« Larthrose est une maladie de personnes âgées. »

Cest un mythe. Bien quelle soit rare avant 45 ans, larthrose nest pas exclusivement liée à lâge. Certes, le vieillissement est un facteur de risque important, mais dautres éléments, peuvent favoriser son apparition: comme une pratique sportive intensive, les blessures liées au sport : rupture ligamentaire et instabilité chronique, lésions méniscales, une intervention avec méniscectomie trop extensive. L’arthrose est évaluée par ses grades :

  • 1 : lésions superficielles;
  • 2 : perte moins de la moitié du caritlage;
  • 3 : plus de la moitié;
  • 4 : os dénudé de cartilage; et pas sa taille en cm2.

Les troubles anatomiques comme la désaxation en varus (genou arqué) ou valgus, et équivalent pour la hanche, avec ses  hypercontrainte, favorisent la dégradation du cartilage. Il en est de même pour les pathologies fémoropatellaires la rotule -,  qui concentrent la majorité des causes de douleurs au genou, avec les malposition rotuliennes, excentrées souvent en  bascule ou subluxation externe en dehors de son articulation formée avec la concavité de la trochlée fémorale; cette dernière peut être ellemême une dysplasie anatomique : plate, ou à lextrême convexe (bombée) responsable de subluxations chroniques de la rotule. « Larthrose commence souvent bien avant lapparition des premiers symptômes, parfois dès la jeunesse, initée par une blessure du cartilage incapable de cicatriser spontanément, avec aggravation progressive, pour se manifester à tout âge : toute hypercontrainte du cartilage comme le syndrome rotulien, est douloureuse, et peut se voir chez l’enfant, tout au long de la vie et chez chez le sujet âgé, explique le Dr Assor.

« L’arthrose est entièrement héréditaire. »

Pas du tout. Contrairement à des maladies génétiques comme l’hémophilie, l’arthrose n’est pas exclusivement déterminée par les gènes. Bien qu’il existe une prédisposition familiale, notamment pour l’arthrose des mains, l’environnement et le mode de vie jouent également un rôle clé. « Il s’agit d’une maladie multifactorielle, influencée par une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux », activités sportives, et surtout les troubles mécaniques décrits plus haut, souligne le Dr Assor.

« Faire craquer ses doigts peut provoquer de l’arthrose. »

Faux. Cette idée reçue est totalement infondée. Faire craquer ses doigts n’entraîne pas de dommages au cartilage ni d’arthrose. Ce phénomène est simplement le résultat de l’éclatement de petites bulles de gaz dans le liquide synovial. « Ce n’est pas une habitude nocive pour les articulations, même si elle peut agacer l’entourage, » rassure le Dr Michel Assor.

« Il n’y a rien à faire contre la douleur causée par l’arthrose. »

C’est faux. De nombreux traitements sont disponibles pour soulager la douleur liée à l’arthrose, notamment les analgésiques et les anti-inflammatoires, les infiltrations de cortisone (avec précaution car use le cartilage), d’acide hyaluronique, de PRP-PRF concentrés plaquettaires dans l’arthrose modérée grade 1 à 2-3; le traitement conservateur de régénération de cartilage ches le patient à bonne performance physique: par arthroscopie microforages arthrose et thérapie cellulaire PRP-PRF ou CSM cellules souches mésenchymateuses; avec correction des troubles mécaniques d’axe et ligament; greffe de ménisque; jusqu’à la prothèse de genou chez le patient âgé. Le choix du traitement dépend de plusieurs facteurs : l’intensité de la douleur, la tolérance du patient aux médicaments, et ses autres conditions de santé. « Une douleur légère ne signifie pas nécessairement que les lésions sont mineures. Il est important de consulter un spécialiste pour un traitement adapté », conseille le Dr Assor.

|Lire aussi : L’arthrose du genou : l’expertise du Dr Michel Assor

« Il vaut mieux éviter l’activité physique pour ménager ses articulations. »

Au contraire ! Une activité physique régulière est essentielle pour maintenir la mobilité articulaire et renforcer les muscles, ce qui contribue à stabiliser les articulations et à retarder la progression de l’arthrose. « Bouger, c’est renforcer son corps contre l’arthrose. Marcher entre 7 500 et 10 000 pas par jour, et surtout utiliser les escaliers, peut non seulement réduire la douleur et la raideur mais aussi diminuer la nécessité de recourir aux médicaments », insiste le Dr Assor. Toutefois, il est important d’adapter l’activité physique en fonction de l’état inflammatoire des articulations. L’arthrose, bien que souvent perçue comme une maladie inévitable liée à l’âge, est en réalité une affection complexe influencée par de nombreux facteurs. Grâce à une meilleure compréhension et à des approches thérapeutiques adaptées, il est possible de vivre pleinement avec cette condition. Le Dr Michel Assor, avec son expertise en chirurgie orthopédique et traumatologique, est une référence dans la gestion de l’arthrose, et encourage chacun à rester actif pour prévenir et soulager les symptômes de cette maladie.

En savoir plus sur le Dr Michel Assor, chirurgien du genou

Le Dr Michel Assor est un chirurgien orthopédiste et traumatologue spécialisé dans la chirurgie du genou. Fort de plusieurs années d’expérience, il se distingue par son engagement envers l’innovation et l’amélioration des traitements orthopédiques. Pionnier dans le développement de thérapies cellulaires pour la régénération du cartilage, il s’inspire des travaux du Professeur Shimon Slavin pionnier des CSM avec lequel il s’associe dans l’expérimentation animale. Ses recherches sur les cellules souches mésenchymateuses, et sur la mise au point futur d’un nouvel implant méniscal composite pour l’arthrose grave du genou, ont ouvert de nouvelles perspectives pour le traitement de l’arthrose du genou, transformant la prise en charge des patients et offrant des alternatives prometteuses aux méthodes traditionnelles.

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